14 février 2007

Le Nouvel An Chinois

Encore une fois, c'est de Chantal Bernard du Cedus, que je tiens ce texte passionnant sur le Nouvel An chinois. Merci à elle.

Dans quelques jours, la communauté chinoise fêtera le début du Nouvel An chinois. Une année nouvelle placée sous le signe du cochon.



LE ROUGE, UNE COULEUR PORTE-BONHEUR
Mais auparavant, il va falloir retrousser ses manches. Pour accueillir, comme il se doit, l’année nouvelle, un grand ménage débute quelques jours avant les fêtes du Nouvel An chinois. Histoire d’effacer toutes traces de mauvaise chance dans les maisons, les volets et les portes sont fraîchement repeints de rouge, une couleur intimement liée aux célébrations puisqu’elle éloignerait les mauvais esprits.
Le rouge est considéré comme une couleur lumineuse et heureuse qui assure à celui qui la porte un avenir ensoleillé et plein de promesses. Ainsi, les nappes, les tissus, les serviettes, les vêtements et même les enveloppes qui servent à transmettre des dons et des voeux de bonheur, afficheront une belle teinte vermillon. Une vieille coutume appelée «Hong Bao» (paquet rouge), consiste, pour les couples mariés, à offrir aux célibataires et aux enfants, de l’argent dans de petites enveloppes rouges.

LA NOURRITURE : TOUT UN SYMBOLE
Mais il n’y a pas que la couleur de l’argent qui compte. Comme pour toutes les fêtes religieuses chinoises, la nourriture, lors du passage d’une année à l’autre, revêt une grande importance.
« Bien manger c’est atteindre le ciel » dit un proverbe chinois.
"Si tu sais aimer les bonnes choses de la vie, tu sais aussi aimer la Vertu" confirment les écrits de Confucius. Voilà qui explique bien des choses sur l’importance d’une cuisine chinoise très recherchée, aux saveurs les plus harmonieuses possibles, puisque c’est également une quête morale.
Les repas se composent habituellement de fruits de mer et de boulettes, dont la consonance se rapproche de celle des souhaits. Le mot «crevette» par exemple, se prononce en chinois comme le mot «heureux». Un plat de crevettes au menu équivaut donc à souhaiter beaucoup de bonheur à ses invités. A nous les crevettes à l’ananas ou à la sauce d’huîtres. Le mot «poisson» évoquant une certaine aisance, sa présence dans l’assiette rassure les convives : les festivités ne les ont pas laissés totalement démunis. La salade de poisson cru, symbole de chance et de prospérité est, par conséquent, régulièrement servie à cette occasion. Entier, le poisson représente la réunion et l’abondance.
Tous les produits évoquant les cheveux, «Fai-hai», sont également les bienvenus. Ainsi les algues de mer, le vermicelle de riz ou les nouilles sautées à la sauce aigre-douce symbolisent, eux aussi, la prospérité.
Il convient, pour ne pas couper la fortune de ne pas se couper les cheveux durant toutes les festivités, ni de les laver, ce qui signifierait que toute la chance dévolue à cette nouvelle année est partie avec l’eau du bain...
Attention, le jour de la nouvelle année, ciseaux et couteaux sont proscrits : ils pourraient découper la chance et la fortune familiale ! Pensez-y au moment de choisir le menu. Mieux vaut concocter un repas à manger avec les doigts pour limiter les risques ! Si votre choix se porte sur les nouilles, avalez-les d’un seul coup car elles assurent une longue vie, tant qu’elles restent entières...
Les boulettes de viandes bouillies dans l’eau multiplient les bons souhaits adressés à la famille, tandis que le poulet, autre signe de prospérité, doit être présenté avec sa tête, sa queue et ses pattes pour symboliser la perfection. Libre à vous de le renvoyer ensuite en cuisine pour l’accommoder avec du gingembre et une sauce aigre-douce ou aux prunes. Que les amateurs de cochon de lait laqué se réjouissent, sa présence traduit la réussite !

DOUCEURS D’UN SOIR
Si l’on connaît mal les desserts chinois, ce ne sont pas les douceurs qui manquent pour célébrer le Nouvel An. Gâteaux, fruits et beignets sont des présents courants lors des célébrations du Nouvel An, car ils assurent la famille et les amis de nos voeux les plus sincères.
Le gâteau de riz traditionnel, ce dessert de fête épais et onctueux, mijote pendant plus de cinq heures pour prendre tout doucement la couleur du miel et devenir semblable aux lingots d’or. Les beignets de sésame, fourrés de crème de lotus, sombre et sucrée, sont façonnées pour ressembler à des boules dorées, promesse d’une année où tout fonctionnera comme il se doit.
En Asie, les fruits de la chance ne sont autres que les mandarines et les clémentines. Sorte de mini pommes d’or, elles sont offertes avec leur feuillage pour chasser les mauvais esprits.
A l’heure du thé, on peut éventuellement préparer un plateau regroupant tous les symboles de la santé et de la fortune.
De la noix de coco râpée, du melon d’eau et du tronc de lotus confits apporteront la santé. Pendant que les pépins de melon d’eau, grillés comme des cacahuètes et teints en rouge (toujours) assureront la fortune.
A signaler une tradition qui plaît tout particulièrement aux enfants.
Un dicton veut que «si l’on pleure le jour de la nouvelle année, on pleure tout au long de l’année». Chacun s’ingénie donc à vivre dans la joie et à ne pas contrarier son entourage. C’est le jour de l’année où tout est permis aux plus petits. Ils peuvent faire tout ce qui leur passe par la tête, aucune fessée ou réprimande ne viendra les empêcher de faire des bêtises ou de vider entièrement les plateaux de friandises.
Mieux encore, les adultes font leur possible pour leur faire plaisir, en confectionnant par exemple des pommes glacées, des poires au miel, des galettes aux amandes, des gâteaux aux œufs à la vapeur ou des merveilles au sésame, en forme de boules, d’étoiles ou de papillons.

Merveilles au sésame
Pour 4 personnes. Préparation : 45 min. Cuisson : 15 min.
Ingrédients :
200 g de sucre
1 œuf
1/2 verre de saindoux (ou beurre)
1 cuillerée à café d'extrait d'amande
300 g de farine
5 cuillerées à soupe de graines de sésame blanches
10 g de levure chimique
1/4 de cuillerée à café de sel
Battre l'œuf, le saindoux, l'extrait d'amande, le sel et le sucre pour obtenir une crème.
Incorporer graduellement la levure et la farine en mélangeant à l'aide d'une cuillère en bois pour obtenir une pâte.
Pétrir la pâte 15 min jusqu'à ce qu'elle devienne ferme et élastique.
Prendre la valeur d'1 cuillerée à café de pâte et la rouler entre les mains pour former une boule. Rouler ensuite la boule dans le sésame pour l'enrober de graines. Répéter l'opération jusqu'à épuisement de la pâte.
Huiler légèrement une ou plusieurs plaques à pâtisserie puis y disposer les boules en laissant entre elles un espace de 1 cm.
Préchauffer le four 15 min (thermostat 5).
Faire cuire les boules dans le four. La cuisson dure environ 15 min

Remarques
On peut faire frire les boules dans de l'huile d'arachide chauffée préalablement jusqu'à 180°C. Il est normal que les boules éclatent pendant la friture.
On peut étaler la pâte au rouleau puis, à l'aide d'un couteau aiguisé ou d'une roulette à pâtisserie, y découper des morceaux aux formes que vous avez choisies. Vos merveilles pourront donc, au lieu d'être des boules, ressembler à des oiseaux, des papillons, des fleurs…
Gardées dans une boîte hermétique, ces merveilles se conservent plusieurs semaines.

UN REPAS QUI CHANGE DE L’ORDINAIRE
Comme tous les repas de fête, le dîner du Nouvel An est très différent d'un repas familial chinois. Il ressemble davantage à un repas occidental. Les plats sont servis les uns après les autres et non pas tous en même temps au centre de la table, le riz n’est servi qu’à la fin du repas et il est bien vu de ne pas en consommer du tout. Enfin l’alcool accompagne tout le dîner.
On peut servir entre 12 et 20 plats différents au cours de ce repas, souvent, il faut bien le reconnaître, interminable.
Pour garder bon appétit et apprécier pleinement les meilleures recettes du menu, les Chinois appliquent un drôle de principe : «Attends, évite, attaque !» et mangent de façon purement symbolique ce qui ne leur plaît pas beaucoup, ferment leurs yeux sur les plats qui ne leur font aucune envie et se ruent sur les plats qu’ils apprécient le plus.
L’alcool aidant, on porte de nombreux toasts en l'honneur des anciens, des parents décédés, des enfants, des réussites des uns et des autres, d’un diplôme, d’un mariage... Tous les prétextes sont bons et les paris vont bon train. Un jeu dangereux quant on sait que les perdants sont contraints de vider une tasse d’alcool en l'honneur des gagnants !

2 commentaires:

Cuisine pop a dit…

Merci pour ces informations...un peu de culture...çà change des casseroles :-)

irisa a dit…

Intéressant reportage ! j'espère que de belles recettes de chine vont suivre encore !ou peut 'être des titres de livres de cuisine ??