12 décembre 2011
Les fêtes de Noël dans les régions de France
Retrouvez le goût des Noëls d’autrefois en découvrant les rituels et les traditions des régions de France, mises en place au cours des siècles. Au programme, six régions emblématiques : Alsace, Lyon, Provence, Bretagne, Roussillon, Savoie.
Noël en Alsace : Gléckligi Wihnachte *
En Alsace, les festivités de Noël débutent dès les tout-premiers jours de l’Avent. Dès la fin novembre, c’est d’abord saint André que l’on célèbre en tant que patron des jeunes filles à marier. Puis vient la Sainte-Barbe, jour où l’on met un rameau d’arbre fruitier dans un vase censé fleurir le jour de Noël. Ensuite arrive saint Nicolas, accompagné du Hanstrapp (le Père Fouettard), son double négatif. Si le premier apporte aux enfants des friandises et des cadeaux, l’autre en revanche est chargé de corriger les garnements les moins obéissants.
Enfin, le 24 décembre, toute la famille se réunit autour du sapin toujours magnifiquement décoré. On chante alors des cantiques et l’on grignote légèrement en attendant d’aller prier au temple ou à l’église : des bredalas (petits fours sucrés), des biraweckes (fruits secs), des christolles (fruits confits) ou bien une part de kougelhopf, brioche typiquement alsacienne.
*Joyeux Noël en alsacien
Noël dans le pays lyonnais
A Lyon, et traditionnellement, la fête de Noël n’était pas l’occasion de dépenses somptuaires. Au contraire, très religieuse, cette fête était emprunte d’une certaine forme de gravité joyeuse et se célébrait en famille autour d’une volaille de Bresse farcie ou truffée, selon les moyens.
Cela dit, on peut faire débuter les festivités de Noël à Lyon, le 8 décembre : fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ce jour-là, également appelé « Fête des Lumières », les Lyonnais allument des bougies qu’ils déposent devant leurs fenêtres. Cette fête perdure aujourd’hui, même si pour beaucoup, elle a perdu de son caractère religieux.
Durant la période précédant Noël, les crèches animaient également les églises, et, dans cette grande ville très commerçante, on sortait en famille pour admirer les vitrines dont la splendeur et le faste faisaient rêver les passants. Pour l’occasion, on s’offrait des papillotes, confiseries typiquement lyonnaises, qui ont depuis séduit la France entière.
Noël en Savoie : buena feta *
En Savoie, les gens travaillaient dur mais savaient s’arrêter pour Noël. Les familles se regroupaient pour préparer la fête. Elles se rendaient dans les églises ou les écoles alentour, pour aller admirer les magnifiques crèches dressées pour l’occasion. Quant au père de famille, il rapportait de la forêt, le sapin que les enfants décoraient alors d’images pieuses, de pommes, ou de noix peintes de toutes les couleurs.
La messe de minuit était bien entendu, un moment important. Tous les paroissiens du village se retrouvaient pour y aller et en revenir, en chantant des cantiques.
*bonnes fêtes, en savoyard
Noël en Roussillon : Buon Nadal*
Dans cette région du Roussillon, qui est en quelque sorte la Catalogne française, la tradition de Noël est très présente. Durant le temps de Noël, Pessebres et Goigs animaient la vie des villages. Et elles les animent encore. Les premiers sont des crèches vivantes et les seconds, des chants catalans célébrant la Nativité.
Interprétés dans la rue, ils font parfois l’objet de quête. On offre en effet aux chanteurs, argent ou friandises (tourrons, pâtes d’amandes…). A Noël, on danse la Sardane sur les places. Car, immortalisée par le peintre Picasso, cette danse rassemble toutes les générations dans un même élan de communion fraternelle.
*Joyeux Noël en catalan
Noël en Bretagne : Kenamb Nouel*
En Bretagne, Noël se célébrait autour d’une bûche décorée, aspergée d’eau bénite, puis mise à brûlée au début de la veillée. Après la fête, on conservait les cendres qui, parait-il, portaient bonheur. Dans la soirée, se succédaient devant les fermes, des chanteurs de Noël, récompensés par des pièces ou des friandises. Enfin, arrivait l’heure tant attendue de la messe de minuit. Chacun se mettait joyeusement en chemin jusqu’à l’église, laquelle, jonchée de paille afin de garder la chaleur, était souvent ornementée par une crêche dont chaque rôle, étaient tenus par des poupées magnifiquement décorées.
*Chantons Noël en breton
La tradition des 13 desserts en Provence
Noël est sans doute la fête la plus importante pour les Provençaux. Décrites par Frédéric Mistral ou Alphonse Daudet, les traditions de Noël en Provence s’échelonnent en fait du 04 décembre, jour de la Sainte-Barbe au 02 février, jour de la Chandeleur.
A la première de ces dates, on plantait des chandelles de blé, qu’il fallait surveiller tout au long du mois pour s’assurer qu’il poussait bien. Ce blé en effet, annonçait, vigoureux, une année pleine de prospérité. On le récoltait pour en présenter les grains dans trois soucoupes, que l’on déposait sur la table de Noël. Une table qui était également recouverte de trois nappes blanches, mais également de trois bougies.
A la deuxième de ces dates, à la Chandeleur donc, on démontait la crèche.
Quant au dîner de Noël, le Gros Souper, il réunissait autour d’un grand nombre de plats maigres (7 étant le chiffre traditionnel), la famille en entier. Il débutait par le rituel du « cacho fio » (on déposait dans l’âtre, une bûche d’arbre fruité arrosée de vin cuit) et se terminait par la dégustation des treize desserts : la pompe à l’huile d’olive (une brioche), les mendiants (noix, noisettes, figues sèches, amandes, raisins secs, dont la couleur évoquent celles des ordres religieux ayant fait vœux de pauvreté), les pommes, les poires, le verdrau (melon vert), le nougat noir et le nougat blanc, les sorbes, les raisins frais, etc.
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